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PROFESSION DÉTECTIVE PRIVÉ : “ENQUÊTER, OUI. ESPIONNER, NON”

17 avril 2014 – Europe 1 – Par Marie-Laure Combes

(extraits)

A LA LOUPE

Aujourd’hui, les détectives privés ne traquent plus les amants volages. Qui sont les nouveaux Sherlock Holmes ?

Un diplôme et “une culture juridique”

Commencez par oublier le détective avec un feutre mou et une fausse moustache, caché derrière un journal, filant un mari volage. Aujourd’hui, l’agent de recherche privé est avant tout un professionnel du droit.

“Avant, un casier vierge et une autorisation d’exercer de la préfecture suffisait. Depuis 2005, il faut être diplômé en droit avec une option enquête privée dispensée par l’université d’ASSAS Paris. Nous sommes sous la tutelle du ministère de l’Intérieur, via le Conseil National des Activités Privées de Sécurité (CNAPS)”, tient à préciser David Krist, patron d’un cabinet d’enquêteurs en région parisienne. Il faut avoir une vraie culture juridique”, prévient-il.

“Manifestation de la vérité”

Sur son site internet, le slogan saute aux yeux : “fixer les preuves indispensables à la manifestation de la vérité”.

“Nous ne sommes pas encore des auxiliaires de justice. Mais des professionnels de la preuve qui donnons à l’avocat les éléments clés pour permettre au magistrat de trancher”, explique David Krist.

En clair, “l’enquêteur privé ne répond plus à la curiosité mais à une problématique juridique”.

“Enquêter, oui. Espionner, non”, résume ce professionnel.

“Nous ne traquons plus uniquement l’époux infidèle”

Contrefaçon, concurrence déloyale, fraude à l’assurance… La majorité des dossiers du cabinet concernent des entreprises. Pour autant, les divorces difficiles occupent encore une grande partie de son temps. Mais attention, “nous ne traquons plus uniquement l’époux infidèle”, prévient le détective.

“En 2014, devant les juges aux affaires familiales, ce n’est plus ‘mon mari m’a trompée’. Cette faute, qui existe toujours dans le Code Civil, ne permet pas d’avoir un meilleur résultat devant les tribunaux”, explique-t-il.

“Nous travaillons sur les conséquences du divorce. Nous tournons autour des problématiques financières : Monsieur X, qui organise son insolvabilité même avant une décision judiciaire pour échapper au versement d’une prestation compensatoire, engage sa responsabilité pénale. Et faire une enquête là dessus, nécessite un vrai savoir-faire”, détaille David Krist.

“Comme dans les films”

Le détective du XXIème siècle est-il devenu un rat de bureau ?

Certainement pas, “le côté mystérieux et fantasmé” des filatures existe toujours, reconnaît David Krist. Sur les sept personnes de son équipe, la moitié passe son temps à faire des surveillances et des filatures. “A pied, en voiture, en vélo, en moto, en rollers… Et pour les surveillances discrètes, nous possédons un sous-marin, un utilitaire équipée comme dans les films”, détaille-t-il.

Des détectives “connectés”

Côté matériel, “l’enquêteur d’aujourd’hui, et a fortiori de demain, qui se contenterait uniquement d’un appareil photo avec un objectif, ambiance paparazzi, est condamné à perdre la partie”, lâche David Krist. “On doit être rapide et notre efficacité est liée à notre vitesse de travail. Donc, il faut être connecté. (…) Et nous le sommes. Toute la semaine, même sans se voir, l’équipe continue de travailler les uns avec les autres. Nous utilisons la technologie pour partager toutes les informations dont nous disposons en temps réel”, raconte le patron du cabinet.

“Pas meilleurs que la police”

Alors, les détectives privés sont-ils des concurrents des policiers ? Non, assure David Krist. “La police fait particulièrement bien son travail. Elle sera toujours la meilleure réponse au pénal. En revanche, elle n’a pas vocation à enquêter dans la sphère privée, en droit commercial ou de la famille par exemple. Donc nous sommes complémentaires”, fait-il valoir. Néanmoins, il reconnaît que certains clients viennent le voir pour une contre-enquête pénale, c’est-à-dire “pour trouver des faits nouveaux qui permettent d’ouvrir une nouvelle affaire”. “Mais je ne pense pas que nous fassions un meilleur travail que la police”, insiste-t-il.

Le procès équitable, pilier de la démocratie

Comme les juges ou les avocats, les enquêteurs de droit privé sont, pour lui, “garants du respect des libertés fondamentales dans l’exercice de leurs fonctions”. “Si on veut préserver le procès équitable, pilier de la démocratie, il faut exercer ce métier, où l’on fouille forcément, avec le discernement indispensable au respect de la vie privée”, conclue David Krist.

L’article original sur Europe1.fr

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